Par Major Tom | vendredi 25 avril 2008 à 04:17 | Icones
La question qui nous est soumise en ce matin d'avril 2008 peut sembler pour le moins curieuse, voire assez énigmatique. Comment diantre serait-il possible en ce début de nouveau siècle qui verra, soyons-en convaincus, l'avènement d'une ère nouvelle technologiquement effrayante, d'éluder une telle question? Les plus grands penseurs, tout comme les comiques troupiers décérébrés des grosses têtes, n'ont jamais véritablement pu se pencher sur cet épineux problème. Pourquoi? Je ne le sais pas. En tout cas, chère vous, sachez que j'ai décidé de dédier ses quelques minutes de réflexion à cette question. Aussi vais-je tenter d'y répondre le plus clairement possible, sans perdre mon temps en conjectures inutiles et superficielles. Soyons donc vifs et tranchants comme l'épée de Polux dans le manège enchanté!
Qu'est-ce que le Grand Canyon? Vaste question...Vaste étendue qui s'est formée progressivement avec le temps...Reliefs sédimentaires loin d'être élémentaires...Une muraille de strates illuminée par un astre solaire qui fait de la Terre un gigantesque cimetière de poussières...C'est un procésus, un long cheminement qui a toujours captivé les hommes. A l'instar de la femme, le Grand Canyon peut se targuer de se farder d'innombrables nuances. On le contemple à l'aurore comme l'être qui près de vous s'éveille doucement. On le touche du regard quelques instants plus tard et d'éblouissants contrastes viennent vous rappeler que la Nature est avant tout un art. La brume suspendue en contrebas s'étant maintenant dissipée, on prend la mesure de toutes les aspérités. Des reliefs cristallins et diaphanes s'élèvent en direction du ciel pour ne former qu'un seul corps. Le Canyon est une femme transparente. C'est désormais une évidence!
Par Major Tom | samedi 12 avril 2008 à 04:20 | Icones
J'ai beaucoup d'amis intelligents dans mon entourage. C'est sans doute une chance, mais surtout un choix. J'ai rencontré Lemmuret il y a quoi? Pas loin de 10 ans maintenant! Peut-être un peu moins, je ne sais plus très bien. Notre fréquentation naquit dans l'austérité estudiantine d'une bibliothèque dans laquelle déambulait un nombre incalculable de jeune filles dispersant dans leur sillon autant de regards ambigus que de sourires coquins. Les revues de droit international public empêchaient-elle mon ami de voir ce que d'autres et moi même étudiions avec la plus grande rigueur? Le temps passa, tout bêtement...Nous clouguions sans le savoir sur des nuages qui n'étaient que fumée...Nous avions 20 ans et nous voyagions dans des charriots ailés à destination d'une félicité dans laquelle il était aisé de se laisser transporter...
Puis, sur les bases d'un accord signé avant d'être négocié, nous avons noyé notre désarroi ensemble, réfléchissant inlassablement à la solution idéale qui s'offrirait un jour à ceux qui ne croient plus à grand chose. Les années 90...La fin d'une époque...Celle d'un millénaire...
Après avoir opté pour le thé vert l'espace des premiers instants, c'est tambour battant que nous nous sommes aimés dans des volutes de whisky japonnais, au grand damne de son appartement portant encore les stigmates d'un combat tonitruant, avec pour seules armes et pour seuls boucliers, nos réflexions d'alcooliques affichées sur un justaucorps blanc immaculé de Bourgueil dégoulinant. Nous avions 25 ans et partagions nos rêves éthyliques dans une chambre noire de laquelle irradiait une légère odeur abyssale de ce qui allait plus tard s'incarner en une réelle pensée à contre courant...Sans doute les relents des milliers de pages imbriquées les unes dans les autres et qui ne formaient qu'un seul corps, celui de notre pensée.
Le Bourgueil a cela de supérieur à l'eau en ce sens qu'il tache! L'eau, élément quelconque utilisé par une majorité de nos congénaires pour se rincer le corps avait été bannie de notre salon. Guide des vins, histoire de l'Empire Romain, Dantec, Bashung, des cadavres, des ficelles de bandard, des grimaces, des maux de têtes...Nous rejouions la scène, puis allions vaquer à nos activités respectives!
Nous avions formé un salon de pseudo-philosophes "clougagineux" reconnaissables à leurs abdominaux boursoufflés par l'immensité vertigineuse et calorique des produits que nous ingurgitions. La discrimination était de mise. Elle avait même été érigée en principe fondamental dans le fonctionnement de nos séances ésotériques. En effet, à l'heure de montrer ses couilles, nous n'étions pas tous égaux. Mais nul ne s'en plaignait!
Lemmuret a pourtant vécu des heures sombres, comme tout homme qui se façonne. J'ai le souvenir d'un homme qui ne voulait plus sortir et qui avait tenté de se suicider à petit feu en dévalisant le monoprix voisin de toutes les marques d'eau minérale qu'il pouvait trouver. Ses discernements jadis si pertinents sur les ravages du multiculturalisme à la française avaient laissé place à de vagues élucubrations sur les vertus écologiques des coquelicots naissants sur les bords de chemins normands...Vaste programme. Lemmuret était au bout du rouleau.
Contrairement au Pouilly-Fumé, que je n'ai jamais vu pousser sur les étagères des bibliothèques de nos facultés "encommunistées" à souhait, les recueils de jurisprudence s'amoncelaient de nouveau sur son bureau désormais dépoussiéré de toutes ces bouteilles d'eau "dévivifiantes". C'était un signe qui ne pouvait tromper personne, sauf, à la limite, un zozo fraichement diplômé en "eaulologie"! La vie reprenait donc son cours tandis que le Beaujolais, inexorablement, continuait le sien entre le Rhône et la Saône.
Ce qu'il y de bien avec Lemmuret, c'est qu'au delà de la méprise tout à fait compréhensible qu'il voue à notre époque et à ses contemporains, il n'a jamais rechigné à partager sa bière avec plus mal loti que lui. Le cheval lyonnais de Louis XIV, transporté par cette rencontre complètement ubuesque, ne s'en est toujours pas remis. C'est tout juste si, à l'heure qu'il est, et trois ou quatre ans après les faits, l'animal n'en est pas réduit à demander aux passants le chemin de l'écurie! Nous étions trois clochards célestes...
Contrairement au Chassagne Montrachet qui se pressait avec une frénésie effrayante dans les entrailles de la gorge de Lemmuret comme des immigrés devant les guichets des allocations familiales un après midi d'hiver , les femmes l'avait abandonné. Les teignes! Fort heureusement, à l'heure où certains semblaient trouver l'espérance qu'il cherchaient dans des paradis artificiels, Madame Rêve fit soudainement irruption dans le sérail de Lemmuret.
Il était de quelques années son ainé. Cela n'avait aucune importance. Notre ami avait recouvré la joie de vivre et sa cave, qui jouxtait un restaurant iranien duquel émanait, selon les conclusions forcément irréalistes d'un ami obsédé, des mélopées orgasmiques qui contrastaient sérieusement avec la piété de ces humbles commerçants, qui, eux, au moins, avaient le mérite de travailler...L'appartement vibrait. Les rideaux des fenêtres virevoltaient de nouveau, comme pour signaler aux badauds l'avènement d'une renaissance, qui allait laisser place à une idylle pastorale aux tonalités mélodieuses que Beethoven n'aurait pu se représenter.
Les vins de Bourgogne, réservés pour notre ami curé de sa paroisse, allaient laisser place à quelques breuvages champenois. Ils étaient heureux. Nous ne pouvions ne pas l'être. Jacques Chirac était encore Président...C'était le bon temps...Celui d'un mariage célébré en plein cœur d'une région historiquement subtile et complexe; un peu à l'image de cet homme et de cette femme...Des reliefs, des paysages sombres parfois, des lumières étincelantes qui illuminèrent plus d'un peintre. De Boudin en passant par Lemaitre ou Herbot.
L'aventure normande connut son épilogue peu de temps après...La fin d'un cycle...D'un univers aussi. Nous nous dirigions tous vers des destinées différentes. Certains assouvirent leur envies irrépressibles de conquête de l'Est à l'heure où d'autres plièrent bagages pour New-York. Trois fuseaux horaires s'étaient dressés contre nous et contre le rituel immuable de l'apéritif saucissoné!
Je travaillais pour 10 dollars de l'heure en époustant les fourrures de ces dames aux mains ornées de diamants et d'avarice. Je me faisais un plaisir de ne pas avoir à connaitre mes lendemains. J'ai changé. Preuve que la vie peut commencer à la trentaine sonnante. Sans doute est-ce la naissance d'un petit être au sourire angélique qui m'a fait prendre conscience qu'une vie ne peut réellement être vécue sans l'existence de votre "réincarnation", fruit d'un amour prodigieusement pure et gracieux. Aussi, voulais-je le plus simplement possible, exprimer toute mon affection à l'égard de ce grand Homme méritant et viscéralement bon, à une heure importante de sa vie...Monsieur le Professeur!
Par Julius | vendredi 11 avril 2008 à 10:15 | Icones
Bon ce n'est pas du Paolo Di Canio non plus (moins mauvais bougre sûrement qu'on ne le dit). C'est plus réfléchi, moins outrancier, plus tactique en somme, à l'image de ce qu'il a toujours fait. Mais Laurent Blanc, le nouvel et talentueux entraîneur de mon équipe de prédilection, tente une amorce discrète, mais une amorce tout de même de rupture du consensus bien-pensant qui règne dans le football.
Depuis longtemps, je voulais dire cela : On peut faire des actions contre le racisme lors de toutes les journées, mais je ne sais pas si cela fera avancer le problème. On en parle actuellement beaucoup, ainsi que des droits de l'homme, qui sont effectivement des sujets très importants, mais je crois qu'il faudrait aussi bannir toutes formes de critiques dans les stades et non uniquement punir celles qui sont raciales, indiquait-il, convaincu. Certes, cela est très négatif et il faut le condamner vivement, mais tout le reste aussi, à savoir que lorsque l'on dit « sale negr... », c'est punissable, et que quand on lance des « fils de... », ça l'est aussi ! Il ne faudrait pas que se focaliser sur la couleur de la peau, car ces injures-là font aussi mal que les autres, poursuivait-il.
«On peut entendre des choses à Bordeaux ou sur tous les stades, mais je peux vous dire qu'à Valenciennes, et j'en ai parlé avec Antoine Kombouaré vu ce qu'il a vécu avec ses joueurs à Metz, quandon entend une tribune complète injurier Franck Jurietti, on ne doit pas non plus le supporter. Si ce dernier avait en plus été un joueur de couleur, on l'aurait peut-être évoqué. Mais en l'occurrence, ce n'est pas le cas et c'est passé comme une lettre à la poste. S'il l'avait été, l'arbitre aurait-il arrêté le match, puisqu'il en a le droit ? Je ne sais pas, mais personnellement, cela m'a heurté».