
7h15: Réveillage: Je demeure allongée quelques minutes en écoutant France-Inter. Le petit Jurançon siroté hier soir chez Tonton exsude encore de mes tempes comme un torrent malodorant. Ma délicate pigmentation couleur vermillon m'incite me jeter sur mon blush, tapi quelque part dans ma salle d'eau entre deux rasoirs fabriqués dans le Piémont par des immigrés poitevins ayant fuit la dictature de la Femme du Pantin. Je me dis que sans Révolution, le monde ne tourne décidément pas très rond.
7h30: Levage:. J'enjambe ma bibliothèque qui se lamente honteusement sur mon tapis persan. J'y attrape mon magazine underground préféré: "Révolution et Farces et Attrapes", me dirige résolument vers mon ordinateur portable acquis pour la modique somme de 1000 Euros chez un grand agitateur français, et décide d'écouter le dernier album de Mouloudji. Je me mets penser que la Révolution, ce n'est pas une condition, c'est comme un cri au fond de la nuit.
7h34: Mangeage: La chanson est finie. Je boufferai bien une cerise tiens!
7h35: Goinffrage: Je mange encore des cerises...Je me dis que la Révolution, c'est pas du cochon!
7h41: Apprenage: On explique, sur France Inter, que les marchés financiers sont dans le rouge...Hum...Qu'ils crèvent tous ces fils papa, ces méchants bourgeois...Ce que je ne sais pas, c'est que le NYSE a été victime d'un début de bug informatique la semaine dernière...Je me dis qu'il vaut mieux que les médias français n'en parlent pas et que la Révolution c'est comme un glaçon: plus on la suce au fond de la bouche, et plus elle vous chauffe comme mes babouches.
7h42: Merdage: L'appel de la scelle...Bang...Au fond de mon orifice, après de longs sacrifices consentis en fermant le robinet de mon lavabo, j'observe benoitement l'irruption d'un noyau, qui, las d'étuver dans mes boyaux, s'est retrouvé projeté au fond du pot...Je flush royal et me dit que la Révolution vaut bien toute cette pagaille.
7.59: Lavage:Je sors de la douche située dans ma salle de bains, enfile mon peignoir au dos duquel figure, inscrit dans le blanc immaculé de son coton directement importé d'Abidjan, deux pédoncules: je leur ai meme donné un p'tit sobriquet: "Comité" et "Théodule"...Avec des noms de cet acabit, je me dis que la Révolution est bien fourbie.
8h01: Essorage: Je suis en manque de cerises. J'ai vu mon médecin de famille hier au soir afin de lui faire part de mon chagrin. En effet, chaque fois que je porte la moindre de ces petites drupes hauteur de mes lèvres, et que l'envie de les engloutir se fait plus que sentir, j'ai l'impression d'etre une assassine...une criminelle...Une bouffeuse de cerises...en somme, une génocidaire en puissance...Je me dis alors que La Révolution c'est bel-et-bien une chance. Tant pour les drupes que pour la France.
8h31: Retentissage: Mon téléphone Samsung, fabriqué en Chine par de tendres adolescents aux émoluments
wuan-tastiques, résonne dans ma chambre froide. Au fond de moi, frisonne comme une anémone ployant sous le poids de mes vents, le doux sentiment de n'appartenir personne...La sonnerie a été téléchargée sur le site d'une startup française présentement en train de négocier la cession du nom de leur domaine une banque new-yorkaise dont le "board" est en majorité composée d'indiens et d'indonésiens. Je me dis que la Révolution, c'est bien. C'est comme la liposuccion: on y enlève les graisses riches qu'on jette en pâture dans le premier vide-ordures.
8h31 et 12 secondes: Keupinage: Je reconnais la voie charnelle de mon amie Anne Hidlago. Elle me demande si je suis partante pour lécher les vitrines entre Dinard et Saint Malo. Je me dirige vers la porte de mon appartement, saisis mes mitaines sur mon secrétaire et descend l'escalier C, en bas duquel, je croise Nicolas et Pimprenelle, qui, ayant mis de coté leurs vieilles querelles, se lancent dans un corps- -corps indolore et innocent. Je me dis alors que la Révolution, c'est l'Amour, mais pas le sang.