Marie et Proton posent la question : où sommes-nous passés ?
Bonne question en vérité. Pourquoi cette relative intermittence ? Je vais vous faire une réponse d'universitaire : il faut distinguer les causes structurelles des causes conjoncturelles. Structurelles : arbeit über alles. Je sais que le Major est à donf dans son nouveau cabinet parisien. Et pour ma part, je suis bien charette aussi. Par exemple, sur les 10 derniers jours, j'ai été hors de mes bases près de la moitié, et vu que mon boss est HS depuis plusieurs semaines j'ai du récupérer quelques patates chaudes. Mais comme les mois d'automne sont aussi ceux où on bosse le plus, disons que ces symptômes pourraient s'estomper prochainement. Pour y remédier j'avais tenté une ouverture vers de nouveaux rédacteurs, mais je n'ai pas l'impression qu'ils soient non plus vraiment en verve en ce moment. Mais je ne désèspère pas....
Causes conjoncturelles : je ne sais pas pour vous mais je trouve l'actualité d'une consternante médiocrité et çà ne m'inspire guère. Prenez le Frankistan par exemple. Certes, il y a des chantiers intéressants, comme la suppression programmée des régimes spéciaux. Mais pour le reste, la rupture n'a pas (encore) eu lieu. Et on peut même dire que le désarroi de l'électorat droitier va crescendo. On nous promet une poursuite de l'ouverture. Comme si nous devions saluer aujourd'hui ceux que nous avons vomi des années durant. Et les dernières rumeurs sont vraiment effrayantes : Rastignac, dans Valeurs Actuelles, qui est généralement plus que bien informé, nous annonçait il y a 15 jours des tractations en cours avec Aubry. No comment... Sur les finances publiques, un sujet qui m'est cher comme à vous je suppose, disons simplement que ce budget est lamentable. Peut-être le plus calamiteux depuis 10 ans. Il est construit sur une hypothèse de croissance surréaliste de 2.25%, ce qui implique que dans 6 mois, le déficit pourrait bien être de 8 ou 10 milliards supplémentaires. Et je ne parle même pas des finances sociales, où se succèdent les mesurettes les plus dérisoires, alors qu'on écarte simultanément des pistes
prometteuses.
Plus grave, sur certains points vitaux à nos yeux pour l'avenir de notre peuple et de notre nation, on a bien compris que l'affaire était
pliée. Dans l'affaire
Truchelut évoquée sur ce site, on découvre même qu'on l'a carrément
dans l'os. Le procureur d'Epinal a requis six mois d'emprisonnement avec sursis simple et 1.500 euros d'amende à l'encontre de Mme Truchelut, ainsi que le paiement des dommages et intérêts aux parties civiles, Mme Demiati, le Mrap, la Ligue des droits de l'homme et la Licra. Discrimination raciale donc. La touche Dati ? Et dire que je l'ai défendu des mois durant...
Pas de rupture dans le débat non plus. Toujours moralisateur et hors du temps. A l'heure des thérapies géniques et des biotechnologies, oser vouloir utiliser l'ADN dans notre dispositif législatif provoque des cris de vierges effarouchées chez la moitié du gouvernement et des députés de droite. Et que dire de
Pasqua, parangon de vertu, de transparence et de tolérance reconnu, qui se lance de son côté dans des comparaisons historiques consternantes ? Où d'un ancien locataire chevelu de Matignon, incarnation de l'impuissance publique, qui donne une leçon de bonne gouvernance par jour, en même temps qu'il ré-écrit déjà l'histoire de son médiocre interlude ?
Non décidément, tout cela ne nous inspire guère. A l'international, je ne cesse de m'étonner de ces marchés financiers totalement déconnectés de l'économie réelle, et qui ont déjà presque regagné leurs pertes estivales. "La crise est finie" nous dit-on. J'en doute fort. Et beaucoup d'economistes sérieux également comme Elie Cohen ou Nicolas Baverez. On aura mille fois l'occasion de revenir sur la prochaine guerre avec l'Iran qui devrait consacrer une fois pour toutes notre incapacité planétaire à "vivre ensemble" (yek yek yek) avec la RATP. Sur un front collatéral qui m'est cher, le
Liban, tout devrait se jouer au dernier moment. Sinon si çà vous tente, il se déroule en ce moment une offensive spectaculaire des islamobolcheviks sur
agoravox, et y'a de quoi s'escrimer.
Autant dire mes amis que vous allez nous entendre à nouveau, çà n'a pas fini de gueuler. Mais l'époque que nous vivons nécessite du souffle. Les crises s'allongent dans la durée, en même temps que les paroxysmes se rapprochent. Et pour travailler notre endurance, il nous faut parfois nous recentrer sur le quotidien. C'est ainsi qu'on demeure un citoyen durable, pour reprendre l'intitulé d'un très bon blog disparu.