Finalement la chaotique journée d'hier a été riche d'enseignements et de paradoxes, et fût l'occasion de voir sous un jour nouveau quelqu'uns de nos contemporains.
J'étais et je suis toujours persuadé de la vanité manifestantialiste et de sa capacité à changer le monde. La culture du zapping doublée de celle de l'indignation sélective et de l'agit' prop conduit encore et toujours les idiots utiles à se répandre en lamentos d'une sous-cause à l'autre, aussi vite oubliées que le stock de produits dérivés genre t-shirts est liquidé ("pour un monde pire" areuh, areuh...). De la contestation du spectacle au spectacle de la contestation. Guy Debord a déjà tout dit là dessus il y a longtemps. Les blancs marcheurs du camp du bien se transforment encore et toujours en auxiliaires non-subventionnés de ce ou ceux qu'ils dénoncent. Plus l'on défilera pour Ingrid, plus sa valeur marchande auprès des FARC augmente, rendant le prix de sa libération virtuellement impayable. Encore 2 ou 3 apparitions télévisuelles de Mel B. et sa mère crèvera à coup sur en captivité. Pour la Chine idem, si l'on voulait ressouder les chinois autour de leur régime on ne s'y prendrait pas autrement. L'agression etrangère (ou plutôt la présumée attaque de l'étranger) a toujours été le viatique et la planche de salut des régimes autoritaires, qui ne leur permet que trop facilement de basculer dans la victimisation. En Chine les évènements d'hier ont été ressentis comme tel, il n'y a qu'à dresser l'oreille vers ce que nous rappportent nos compatriotes expatriés aujourd'hui. Depuis les généraux argentins des années 80 jusqu'à Mugabe et Castro aujourd'hui, les antécédents ne manquent pourtant pas.
Autre paradoxe du manifestantialisme d'hier, la réversibilité du discours. C'est avec un plaisir non feint que j'ai assisté comme vous au premier défilé "identitaire" de gauche. Il est en effet réjouissant de voir qu'on peut désormais descendre dans la rue avec l'assentiment des media pour dénoncer l'éradication d'une culture et d'une identité nationale, et l'installation d'une population de substitution sur une terre peuplée par une vieille ethnie traditionaliste. Le terme génocide a même parfois été lâché. Nous pouvons donc désormais descendre sans crainte au Trocadéro pour dénoncer l'islamisation de notre vieux pays, et l'entreprise de remplacement méthodique et de long terme de nous autres "natifs" par des "lapins morts", initiée depuis les années 60 par les libéraux-libertaires. On peut même désormais défendre fièrement une théocratie antédiluvienne. C'est les consanguins de Saint-Nicolas du Chardonnet qui vont être contents...
Du côté du camp du mal, quelques masques sont également tombés. Le gros David s'est couvert de ridicule mais ce n'est pas nouveau. Par contre, je pense que les oreilles de MAM ont du siffler devant ce fiasco intégral, et ses promesses "d'enquête administrative". Notre ministre de l'intérieur est officiellement une branque, incapable d'assumer les actes pourtant réitérés de ses auxiliaires. Ne pas choisir c'est déjà choisir (proverbe chinois). En effet, les arrachages répétés du drapeau tibétain sont une honte sans nom, à l'heure où des centaines de drapeaux rouges totalitaires fleurissaient à côté. De quel droit ces drapeaux ont-ils été soustraits ? En quoi constituaient-ils un danger à l'ordre public ? Et pourquoi ceux-ci ont-ils été tolérés en juillet 2006 à Paris? Surtout, ce qui ne passe pas chez beaucoup d'entre nous, c'est l'omnipotence et l'omniprésence des services secrets chinois pendant tout ce défilé. On a tous pu voir cet attaché de l'ambassade de Chine donner des consignes à nos CRS. La vérité toute crue nous a donc sauté aux yeux : LES CHINOIS NOUS TIENNENT DEJA PAR LES COUILLES. Ils n'auront qu'à se baisser pour rafler la mise, quand nous aurons fini de nous entretuer avec le monde islamique. Ils l'ont même déjà raflé à vrai dire via leur toute nouvelle toute belle puissance financière.
Ils ont déjà acheté d'ailleurs leurs futurs collaborateurs, les mêmes qui sous couvert d'antiméricanisme ont déjà offert leur croupe en trophée à Chavez et Castro. Et tant qu'à être désobligeant jusqu'au bout je signalerai accessoirement que leur cinquième colonne est déjà dans la place. Plus connue sous le nom de "diaspora", du moins une partie d'entre elle (faut pas généraliser ce serait à la fois bête et injuste mais le nombre est significatif). Vous savez, tous ces petits besogneux tellement bien intégrés, mais dont on s'aperçoit que beaucoup d'entre eux n'ont absolument pas renié leurs allégeances premières. Une journée pleine d'enseignements décidément...