Ségolène Royal l'a clairement affirmé hier dans la journée: les chinois sont des méchants qui polluent l'atmosphère et qui tue d'autres chinois sans procés équitable. Elle appelle donc au boycott des J.O de Pékin. C'est étrange chez le politique cette envie d'aller dans le sens de l'opinion alors qu'il fût un temps, pas si lointain, où l'on mettait toute son énergie et tout son "courage" pour couvrir de louanges ce même régime chinois en pleine campagne électorale! Vous me rétorquerez que la Royal est coutumière du délit d'absence d'idée personnelle. Dernier exemple en date avant cette "affaire" de boycott, la proposition de Peoplysée sur le devoir de mémoire de la Shoah. Nous n'en avions pas parlé ici tant il me semblait que ce débat n'avait pas lieu d'être trivialisé et galvaudé. Sujet grave, mesure maladroite et non moins grave...Tous les éléments ainsi réunis pour que la discussion s'envenime et que les esprots s'échauffent. Néanmoins, on se souvient que lors du diner du CRIF, Royal applaudit lorsque Sarkozy suggère cette idée de parrainage douteux. Simone Veil, quant à elle, est plus circonspecte...Mais les choses évoluent à une vitesse chez Royal...Figurez-vous que 24h00 environ après approuvé du bout des lèvres cette idée saugrenue, Madame Royal, lisant les sondages d'opinion sur cette question, décide de prendre position contre! Un non franc, muri et donc parfaitement réfléchi!
Les débats qui envahissent nos conversations depuis le week end pascal eu égard à l'attitude à adopter vis à vis des autorités chinoises sont symptomatiques d'un manque d'unité et de pragmatisme dans la réflexion. Hier soir, Me Lévy affirmait sur France 3 qu'on ne pouvait légitimement prétendre donner des leçons de citoyenneté et d'universalisme aux chinois tant qu'on aura pas résolu nos problèmes personnels (il faisait notamment référence aux traitements des prisonniers dans nos geoles!). Argument caduc Maitre Lévy! J'ai beau envié, à l'instar de notre Marie Ségolène nationale, la rapidité avec laquelle les juridictions chinoises traitent les affaires dont elles ont à connaître, j'avoue que votre argument à deux balles (chinoises dans la tête!) ne tient pas. Les personnes qui sont placées en détention dans notre pays l'ont été après un procés équitable, juste et fondé sur un droit qui, bien que critiquable dans certaines circonstances, n'a rien d'un expédient à l'africaine ou à la chinoise, façon barbouze en plein désert! Millière (qui ferait bien d'acheter quelques fringues dignes de ce nom avec l'argent de ses livres!) faisait des bonds sur sa chaise à côté. Comme on le comprend.
Alors me direz-vous! Faut-il oui ou non boycotter la cérémonie d'ouverture, les J.O dans leur intégralité, la cérémonie de cloture ou tout à la fois? Sans répondre directement à cette question, je voudrai juste faire remarquer à Robert Ménard, ce résistant des temps moderne (avec un nom pareil!!), qu'Ingrid Bettancourt est toujours vivante! D'ailleurs, il est assez remarquable de constater le silence assourdissant de celles et ceux qui, la plume facile et le verbe altier, s'évertuent à cultiver avec un manque cruel de talent, la culture compassionnelle à l'encontre des FARCs par exemple. Mais que fait Marie Delcas et ses collègues du Monde? Ou sont les thuriféraires droit-de-l'hommistes franchouillards qui, du fin fond de leur rédaction, assénent guillerettement leurs vérités moralisatrices à deux sous?
Tentons maintenant de répondre à la question qui se pose...Si j'étais Ministre des affaires étrangères, j'irai à la pèche ou aux filles de joie à la limite. Mais en aucun cas, je n'irai trainer mon syndrome d'activiste résigné sur les plateaux de télévision en expliquant que le boycott ne sert rien et qu'on en a déjà fait l'expérience en 1980 avec les J.O de Moscou. Sauf que Moscou, ce n'est pas Pékin. Les Soviétiques n'étaient pas de grands commerçants et leurs manufactures n'étaient pas les usines du monde. A ce stade, vous penser d'ores et déjà entrevoir ma position. Oui, il fait partie de ceux qui sont pragmatiques et qui se disent que les chinois sont nos emplois de demain etc...Ce n'est pas faux. Néanmoins, et même si je considère que les dirigeants chinois sont des gens infréquentables, il faut garder à l'esprit que personne ne s'est opposée avec la véhémence que l'on constate aujourd'hui à ces J.O lorsque le C.I.O a officialisé la désignation de Pékin il y a 7 ou 8 ans. On y voyait même un certain pragmatisme politique, une chance pour la "Communauté Internationale", mais surtout une chance pour le peuple chinois.
Par conséquent, j'ai le sentiment qu'il est trop tard. L'erreur ne date pas d'aujourd'hui. Il fallait, à l'époque de la désignation de Pékin, mesurer les conséquences que cela pourrait avoir. Nos décideurs ont encore fait montre d'une réelle naïveté et d'un optimisme utopique...A moins que des affaires de corruption ne se soient glissées à l'heure du choix...Mais c'est une autre histoire.