jeudi 28 juin 2007
Ban et le garçon formidable
Par Julius |
jeudi 28 juin 2007 à 09:53 | International

Quand un secrétaire général du Machin rencontre un despote, cela donne généralement une "visite positive". Le journal Le Monde a eu la bonne idée de se procurer les "minutes" transcrites par un personnel de l'ONU de la rencontre du 24 avril dernier entre Ban Ki Moon et Bachar el Assad. Une lecture édifiante et indispensable pour comprendre ce qui se trame en Syrie, pays au coeur de toutes les déstabilisations moyen-orientales : Irak, Palestine et Liban.
L'entretien révèle un mur de cynisme contre lequel se fracasse l'idéalisme guindé et langue de bois du secrétaire général, qui se voit asséné une véritable leçon de realpolitik. Tout y passe et notamment le rôle "stabilisateur" de la Syrie au Liban (faut oser quand même...), ainsi que le rôle clé des iraniens qui "ont la capacité de perturber l'ensemble du Moyen-Orient et au-delà".
Le bon Ban lui s'égare en "préoccupations" jusqu'au coup de grâce final lancé par le président Syrien : "Nous sommes dans l'œil du cyclone. Vous allez donc avoir besoin de rester en contact avec nous." CQFD.
Voilà qui démontre à la fois l'extrême capacité de nuisance syrienne, en même temps que le danger d'une fiction comme l'ONU, qui s'entête à faire croire qu'il y a toujours un dialogue possible avec des assassins. S'il y a bien une chose que Bush aurait du faire, c'était de quitter cet artifice bien-pensant, qui aujourd'hui fait la part belle aux tortionnaires du monde entier dans la sinistre commission des droits de l'homme. Cela aurait peut-être enclenché un mouvement salutaire qui sait. Que nous persistions tous à financer et à participer à la plus grande entreprise anti-occidentale jamais vue, en dit long sur notre volonté de suicide collectif.
Car ces gens là ne comprennent aucun autre langage que la force. Mitterand ne s'y était pas trompé quand il avait fait bombarder leur artillerie et les camps d'islamistes qu'ils manipulaient déjà, après l'attentat du Drakkar. Cécilia Sarkozy l'a appris à ses dépens, puisqu'elle a eu l'idée malheureuse de rencontrer la soeur de Bachar El Assad au printemps dernier par l'entremise d'une mondaine baasiste. Alors, la première dame de France et le Secrétaire général de l'ONU sont-ils manipulables à souhait ?
Le bilan de ces 2 rencontres printanières est tout à fait éloquent : le 17 juin, premier tir de roquettes depuis l'été dernier au sud-Liban par des palestiniens proche de Damas. Et ce week-end, ma prédiction de longue date sur les possibles représailles de Damas contre la FINUL s'est concrétisée : 6 casques bleus espagnols (et colombiens) tués dans un attentat à la voiture piégée.
Ce qui est certain en tous cas c'est qu'entre 2 bombes, on a toujours le temps de déguster quelques canapés du côté du Baas.
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