samedi 24 février 2007
Singapour: 3 Janvier 1987
Par Major Tom |
samedi 24 février 2007 à 22:14 | Road Trip
Oubliées les odeurs putrides du Barhain International Airport et place aux exquises senteurs qui parsèment l'équateur. Singapour, micro Etat aux confins de la péninsule malaisienne et havre de paix de la mafia chinoise internationale.
Moquette moelleuse et chutes d'eau vertigineuses. L'aéroport est devenu un lieu de vie afin de faire oublier au touriste en quete de sensations fortes ou aux hommes d'affaires pressés qu'ils ne sont que de passage, simples ames vagabondes en transit perpétuel, comme si la sédentarisation des modernes ne recouvrait que de fausses réalités insupportables: pain béni pour les psys de tout étagé...charlatans ou médecins...Singapour ou de l'absence de saisons...Un bon trente degrès tout au long de l'année et des rues soigneusement immaculées sur l'asphalte desquelles on se laisserait tenter de s'agenouiller ou de s'asseoir pour y déguster benoitement quelques cailloux au gout si doux.
Le Mandarin est un immeuble vertical. L'homme préfère la verticalité son contraire: la fidélité!
La taille des buildings est ainsi comparable d'autres cités humaines, qui par del les continents, continuent d'entretenir ce désir fou d'aller pouvoir pécher le saumon sur la Lune en empruntant un simple tapis roulant. En cela, Singapour n'a rien envier ses rivales nord-américaines.
Une des singularités remarquables de la verticalité ici meme réside dans l'orientalisme clairement ostentatoire. Imaginez un instant le Chrysler Building de Manhattan dénué de ses enjoliveurs et paradant fièrement avec des dragons cracheurs de fioul ou des motifs ésotériques que l'on ne trouve meme pas sur les frontispices des Petronas Towers Kuala Lumpur! Ce serait un bordel innomable et sordide!
Je passe la plus part de mon temps regarder en l'air. Cette verticalité excite mes sens et réjouis ma curiosité. La vue de poteaux télégraphiques ou de transsexuels byzantins ne m'émeut guère. Seul m'importe mon nouvel ami chinois: l'homme la lame précise et aiguisée qui vient ma rencontre au cinquante deuxième étage de ce parallélépipède vertical, le sourire aux lèvres et la mèche de travers. Son mètre cinquante fait de lui un géant. Il a du figurer dans la condition humaine, je ne vois pas d'alternatives.
Ribeye steak de 16 Ounce. C'est un minimum pour un gosse de neuf ans. Du vin? Of course!
Plein jetlag. Le climatiseur fait un bruit d'enfer. Je plonge dans un sommeil conscient. Mon père est au téléphone. Il parle en français. Je lui réponds. S'en suit une conversation loufoque sortie tout droit d'un sketch de Pierre Dac et Francis Blanche:
"On est Singapour. Tout se passe bien." "Ben oui on est Singapour, je sais bien! Tu me prends pour un fous?" "Le mioche a l'air ravi. Il s'est sustenté de manière traiditionnelle en avalant 400 grammes de bidoche qu'un chinois préposé une tache bien particulière et inhabituelle, lui a gentiment coupés." "Je sais bien que le chinetoque m'a coupé ma bidoche! T'as picolé Papa ou quoi?" "Le boulot ça va?" "Le boulot? Comment ça?" "T'as pas de problèmes? Ils te font pas trop chier?" "Mais de qui tu parles? Des chinois du restaurant? des douaniers l'aéroport? Des délicieuse créatures que j'ai rencontrées dans l'ascenseur que je m'amusais faire monter et descendre chaque étage?" "On reste trois jours Singapour. Je pensais que le gamin ne supporterait pas 14 heures d'avion pour une première." "Mais ça va pas la tete! C'est toi qui digère mal le décalage horraire! Tu parles tout seul ou quoi?" "Attends, je crois qu'il est réveillé...Ben tu dors pas? Je t'ai entendu parler. T'as pas fait de cauchemars? Allez rendors toi, je parle au Docteur Retour"
Back in time pour dire autrement. Mon premier déplacement digne de ce nom m'a quelque peu shooté. N'en déplaise mon père, je suis déterminé capture un kangourou et le disséquer tranquillement. En observant les entrailles de nos amis les betes, j'ai toujours eu le sentiment, surement trop vain, d'apprendre savoir qui j'étais. J'avais commencé 6 ans par scalper un poisson rouge. L'année suivante, je me suis attaqué un objectif plus insaisissable: une mouche. Je m'étais promis de l'attraper en plein vol. J'ai mis quelques jours. Puis je lui arraché toutes ces pattes. J'ai terminé par lui déchirer ses petits yeux rouges...enfin des yeux...j'en étais convaincu. Elle bougeait encore. Je descendais l'escalier en direction de l'atelier fabriqué par mon grand-père et je remontais bondissant un marteau dans la main droite. La mouche allait connaitre l'extase de la torture, rite subliminal qui la propulserait jamais au paradis des insectes nuisibles. Peut-etre serait-elle plus heureuse ailleurs me laissai-je aller penser.
Mais le temps a passé. Je veux désormais observer un kangourou! Ce sera lui ou moi! La lute sera fatale...Direction l'Australie...
Je suis encore réveillé par la clime! Putain de machine la con! Pourquoi ne peut on pas exporter un climat tempéré de type normand sous toutes les latitudes? Ben oui c'est ça! On aurait les quais de Trouville en Mer de Chine et les crevettes grises au beurre salée aux pieds des pyramides! C'est con un mioche! Terriblement con!





