mardi 4 mars 2008
Que Choisir?
Par Major Tom |
mardi 4 mars 2008 à 06:43 | General
46 jours me séparent de ma prestation de serment à New York. Des années de labeur et de sacrifices enfin recompensées. 46 jours me séparent d'un nouveau vol transatlantique. Des années que je passe mon temps entre la France et les Etats-Unis sans réellement avoir été capable de prendre une décision sur mon lieu principal de résidence. 46 jours et un peu plus me séparent donc d'une décision qui influencera les quelques années qui me restent à vivre sans mon cancer.
Déjà pourvu d'une tentative de départ infructueuse il y a environ un an, j'avais suivi la campagne des présidentielles françaises de l'autre côté. Un homme m'avait sérieusement mis dans l'embaras. Et si notre cher pays, à l'instar de la Grande Bretagne dans les années 70 se donnait les moyens de sortir de la gabégie dans laquelle il est englué depuis plus de 30 ans? Je rentre voter pour le scrutin. Le résultat tombe. Que faire?
J'ai bien conscience que l'homme n'est pas un libéral convaincu, et que, contrairement à Maggie, il n'a pas passé des jours et des nuits à avaler les doctes écrits des théoriciens de l'école autrichienne ou de l'école de Chicago. Mais quelques discours me laissent pantois. Je suis littérallement hypnothisé. Les références à Jeanne d'Arc, à Guillaume le Conquérant, à Bernanos ou à Péguy font monter en moi une sensation depuis longtemps oubliée, celle d'apartenir à une nation exceptionnelle, capable de produire ce que l'on appellera le "génie français"
Et puis au fond, pourquoi partir? Ma famille et mes amis sont ici. J'aime les rues de Paris, nos églises, notre campagne, nos côtes bretonnes et normandes. J'ai envie d'aller flaner à Bordeaux ou à Lyon. D'aller à Beaunes pour me délecter d'un de ces vins qui ne se retrouve nul part ailleurs.
Seulement, il y a la France. Cette France qui, surtout quand on a eu la chance d'y naître, exerce sur toute personne normallement sensible et dotée d'une intelligence approximativement moyenne, un charme dont il est souvent difficile de se dépétrer. La pesanteur historique et culturelle vous saisit aux tréfonds de vos angoisses et vous contraint, bon an mal an, à voir en son ombre une lumière inexorablement ténébreuse. Mais combien de français auront la chance d'aller un jour coloniser l'espace?
Il me reste 46 jours...L'heure du choix pointe à ma porte...
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