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lundi 12 mai 2008

La voie de la servitude ?

(image : le Chouf quand c'est calme, c'est beau...)

Mon pronostic d'il y a quelques jours tend à se confirmer : le hezbollah et ses alliés ont opté pour des affrontements successifs et séparés avec les différentes composantes de la majorité dite du "14 mars". Après l'écrasement des sunnites à Beyrouth, les chiites se sont retourné contre les druzes de la montagne. Comme prévu, ceux-ci sont nettement plus coriaces et ont déjà laissé sur le carreau un certain nombre d'adversaires. Qui bien entendu l'ont très mal pris : c'est à l'artillerie lourde qu'ils attaquent la région du Chouf et d'Aley... L'enjeu est donc le contrôle de la montagne surplombant Beyrouth et l'aéroport. Carte ches les incontournables CB. Les chrétiens, toujours aussi lucides politiquement (humour), ne bougent pas et préfèrent voir leurs alliés se faire écraser les uns après les autres, histoire de se retrouver seuls face au Hezb d'ici peu. Je pense qu'ils passeront à leur tour à la casserole avant la fin du mois.

Toujours aussi avide d'impartialité et de vérification d'information, les journalistes français de Signal France 2, ont repris in extenso hier dans le journal de midi la dépêche du Hezb, expliquant que l'offensive était due au fait que plusieurs miliciens du hezb avaient été "sauvagement torturés" par les druzes. Rire gras, si ce n'est que ce genre d'infos est payée avec nos impôts. Eurabia quand tu nous tiens...

Des vieux trolls ont aussi fait leur réapparition, les miliciens du tout à fait anecdotique PSNS, Parti social nationaliste syrien (national socialiste çà vous dit rien ?), qui s'exhibent dans les rues de Beyrouth, mais se sont pris une grosse fessée à Halba dans le Akkar par les partisans de Hariri. Ceux-ci les affrontent également à Tripoli, seconde ville du pays (à large majorité sunnite).

Autre pronostic de ce week-end qui tend à se réaliser, la "jihadisation" des combats interconfessionnels : les sunnites radicaux ont annoncé hier je cite « le jihad et le lancement de la campagne de la Résistance islamique sunnite pour la défense du Liban, de son entité et des institutions ".

Bref, çà va pas fort. Le fait marquant du week-end étant quand même la semi-trahison de l'armée qui a refusé d'obéir aux ordres du gouvernement de libérer les rues, pour préserver sa soi-disant unité. Le gouvernement, tout empreint du sens des responsabilités (humour toujours), a délégué ses choix à celle-ci, qui s'est donc empressé d'annuler la destitution du chef de l'aéroport et l'enquête sur le réseau de télécoms. Son chef, le général Sleimane, dernier vestige de l'ère syrienne, apparaissait comme un candidat "neutre" possible à la présidence avant le début de la nouvelle guerre civile. Ses choix récents (et notamment son refus de réouvrir la voie de l'aréoport) montrent finalement dans quel camp il est. Sleimane est un nouveau Michel Aoun. Comme si un ne suffisait pas...

vendredi 9 mai 2008

Conjonction des temps

Est-il indispensable de continuer à jouer au petit soldat ? Il y a dans les pays du Moyen-Orient, bien plus difficile à faire, et beaucoup plus prestigieux : arracher l’homme au sous-développement en le délivrant de la condition de sujet à laquelle il est réduit depuis l’origine des temps, implique beaucoup plus d’audace qu’il n’en faut pour jouer les Napoléon dans les rues de Beyrouth et d’ailleurs.

Toujours en quête d’absolu, l’homme du Moyen-Orient se laisse facilement envoûter par les mirages. Un grain de rationalité lui permettrait de mieux trouver ce qu’il cherche sans se laisser manger par la guerre. Le Moyen-Orient a aujourd’hui besoin d’un héros, un héros qui pourrait lui faire l’économie d’une révolution.

Excellences, Mesdames et Messieurs, ne m’en veuillez pas trop de vous avoir laissé pénétrer dans ce bazar oriental où l’on se dispute tant ! Les habits chamarrés dissimulent mal là l’uniformité qui gouverne les cœurs et les esprits, et l’homme qui se détache dans la somptuosité du décor est un être pauvre et asservi.

Le Liban c’est autre chose. Après la traversée du désert, c’est la montée vers les cimes. Enserrée dans un territoire d’un peu plus de 10.000 km2, une population de 3.300.000 personnes ressortissant de 16 communautés religieuses différentes, a choisi la liberté. Mais l’exercice de la liberté est périlleux, d’autant plus que pour les Etats voisins du nôtre, il risque d’être contagieux à leur population. En Orient, l’exercice de la liberté, c’est encore une aventure, et c’est pourquoi, refuser de disparaître dans le creuset d’un système qui n’existe que pour l’asservissement de l’homme, nous vaut d’être l’objet, chaque quelque temps, d’une expédition punitive.

Pays dépourvu de ressources naturelles, environnement hostile, le Libanais est sans cesse sollicité par les défis. Beau joueur cependant, il prend un malin plaisir à les relever, et même, bien souvent, à doubler la mise dans un permanent corps à corps avec une sévère fatalité.

Bachir Gemayel a Beit Mery - 2 Avril 1982

Blitzkrieg verte à Beyrouth-Ouest

Tout semble indiquer que l'on s'achemine vers la fin du premier round d'un combat qui en comptera un nombre indéterminé, et en espérant que cela ne soit pas le dernier car le verdict est sans appel : début de K-O technique en faveur du Hezbollah.

Il n'y a en effet pas photo : les gars de Hariri se sont pris une belle peignée. A l'heure actuelle, les quartiers à enjeu, cad de population mixte sont tombés dans les mains des chiites, soit près de la moitié de la ville (la carte de nos amis de CB est éloquente). L'avantage de frapper le premier, surtout quand l'adversaire est indécis. Il n'y avait pas photo dès le départ vous allez me dire : d'un côté ce qu'il faut bien appeler la meilleure troupe amée du monde arabe, très bien équipée, extrêmement aguerrie, experte en combat urbain, et parfaitement coordonnée. De l'autre des jeunes supporters vite et mal armés, pas ou très peu entrainés, et sans aucune expérience ou presque, avec en plus un encadrement visiblement limité. Les sunnites n'avaient déjà pas de milice communautaire très significative pendant la précédente guerre civile, alors qu'en face les types n'ont jamais cessé de combattre depuis 1975.... et Dieu sait si l'expérience semble compter au Feu.

Pire les leaders de la majorité semblent pour l'heure désemparés, comme assommés par le coup reçu. Assommés mais pas désarçonnés, même si les options se raréfient. Il est assez probable pour commencer qu'ils commencent par élire un président, sans l'aval des 2/3 des députés comme l'opposition l'exige. Créer un nouvel état de fait qui sera d'ailleurs certainement significatif d'escalade. Car rien ne retiendra plus le Hezb et Amal d'attaquer alors les batiments gouvernementaux. Ce qui de facto crera alors une implication de l'armée. Celle-ci ne s'est pas trop mouillée jusque là. Le premier ministre Siniora et son gouvernement ne semblait guère pressés de la voir s'impliquer de peur peut-être de la défaillance des nombreux bataillons à majorité chiite. D'après mes sources côté Forces Libanaises, les unités clés seraient néanmoins loyalistes, ce que ne démontrera pourtant que l'épreuve du feu.

Ensuite, et sauf improbable et catastrophique capitulation anticipée, il faut tabler sur une massification du conflit, soit l'implication à leur tour des chrétiens et des druzes. Si d'aventure les fidèles de Geagea, Gemayel (côté chrétien) et de Joumblatt (côté druzes) ne devait pas soutenir militairement les sunnites d'Hariri, la coalition majoritaire du 14 mars pourrait bien vaciller pour de bon. Ils n'ont pas bougé jusque là dans la mesure où leurs territoires n'étaient pas directement visés et c'était d'ailleurs stratégiquement très bien joué de la part du Hezb. Car si d'aventure les chiites devraient affronter tour à tour chacun de leurs adversaires, ils auraient sans nul doute l'avantage de par le nombre et l'armement. Mais l'implication de ces 2 communautés aurait d'autres impacts car les Forces Libanaises comme les hommes du PSP (socialiste-druze) sont autrement plus coriaces, car elles ont dans leurs rangs nombre de vétérans endurcis. Et des réseaux de soutien. A propos de réseaux, je pense également qu'au vu de sa cuisante défaite, Hariri fils va faire jouer à fond la carte saoudienne, pour puiser des fonds. Mais aussi pour engager des mercenaires, moins tendres que ses "chabeb" (jeunes), arabes ou non. Le Liban pourrait alors redevenir le terrain de prédilection des soldats de fortune. Y compris des mercenaires salafistes pour qui s'ouvrirait alors une alternative crédible au font irakien, qui prend une sale tournure pour eux depuis cet été. Ce qui compliquera évidemment la donne.

J'ai eu mes amis plusieurs fois ces derniers jours et pas plus tard qu'à midi. Ils accusaient le coup, mais c'est des coriaces, ils en ont vu d'autres. Elie par exemple, un frangin pour moi, pas plus vieux que bibi (petite trentaine) et qui avait été kidnappé par les syriens il y a à peine 10 ans. Ou mon pote Dani également dont il m'a donné des nouvelles. Leur camp n'est pas rentré en action. Ils ont vu jusque là leurs alliés dérouiller et pour l'un sa baraque sous le feu. Mais ils savent aussi que ce n'était que le premier round. Aujourd'hui plus que jamais je comprends mieux cet hédonisme déboussolant qui les animaient et les animent encore, quand j'habitais avec eux. Cette certitude que demain le ciel peut te tomber sur la tête, et cette volonté de jouir dès lors sans frein, d'où ce pessimisme joyeux, typiquement oriental, et à mille lieux de notre "festivisme" empaté. Take care guys.

jeudi 8 mai 2008

Coup d'Etat du hezbollah : on y est

2 résumés de la journée d'hier chez L'Orient le jour et chez Chroniques Beyrouthines.

Il fallait peut-être en passer par là pour vider l'abcès. Au moins, il y a de l'irréversible dans les évènements d'hier. Le chaos prend de l'ampleur à chaque heure. Je vais joindre mes contacts et amis là-bas pour prendre la mesure de la situation et vous tenir au courant. Sur les enjeux, je vous renvoie à cet article écrit il y a quelques mois. Comment la situation a-t-elle dégénéré ? Suite au renvoi du responsable de la sécurité de l'aéroport international, un proche du Hezb. Joumblatt avait en effet révélé que des livraisons d'armes de l'Iran s'opéraient directement par l'aéroport et que la route y menant était truffée de caméras permettant au Hezb un contrôle total mais aussi d'y assassiner en toute impunité. Pour l'heure c'est néanmoins l'autre grande milice chiite, Amal qui est en première ligne face aux sunnites du Courant du Futur du fils Hariri. Certains de leurs locaux ont même été attaqués à la roquette hier ! Pour suivre la situation en live, vous pouvez aller voir sur Naharnet

(et moi qui annonçait hier au Major que je devais passer en mode de publication ultra-minimal pour 2 mois du fait d'obligations personnelles et professionnelles...)

lundi 28 avril 2008

Chassez le naturel...

L'affaire a été peu médiatisée et c'est dommage car elle aurait pu contribuer à rendre moins flatteuse l'image de la "résistance" (MDR) libanaise. Le Hezbollah a retrouvé ses vieilles habitudes l'espace de quelques heures, celles du temps du Jihad Islamique (dont Mougnieh, assassiné à Damas il y a peu souvenez-vous était le leader). Via l'Orient.

Le représentant du Parti socialiste français auprès de l’Internationale socialiste, Karim Pakzad, a été appréhendé samedi soir par des militants armés du Hezbollah à Beyrouth, avant d’être relâché quelques heures plus tard. Ressortissant français d’origine afghane, chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), collaborateur de la Fondation Jean Jaurès et représentant du Parti socialiste français auprès de l’Internationale socialiste, Karim Pakzad se trouvait à Beyrouth pour participer à un congrès de l’IS. Au moment de l’incident, le délégué, qui visitait la capitale à bord d’une décapotable, prenait des photos d’une mosquée, sur la route de l’aéroport, en compagnie d’un ami. Une moto, suivie d’un véhicule tout-terrain à bord duquel se trouvaient des hommes armés, l’a arrêté et l’a soumis à un interrogatoire. Dans une conférence de presse qu’il a tenue dimanche, aux côtés du chef du PSP, Walid Joumblatt, et du secrétaire général de l’IS, Louis Ayala, en présence de plusieurs figures de la majorité, Karim Pakzad a affirmé avoir été « enlevé la veille pendant cinq heures à Beyrouth par des hommes armés qui s’exprimaient au nom du Hezbollah ». « Lorsque j’ai demandé à parler avec un responsable du Hezbollah, un des hommes m’a répondu : “OK, OK ” », a-t-il précisé. Le délégué français a également indiqué que « les hommes armés nous ont demandé : “ Pourquoi vous avez un appareil photo ”, “ Qu’est-ce que vous faites ici ”, et ont regardé les photos ». « Ils ont appelé leurs supérieurs à plusieurs reprises, puis m’ont conduit dans un endroit, les yeux bandés, dans une cellule fermée, et m’ont gardé pendant cinq heures dans un isolement quasi total. J’étais au bord de l’asphyxie, en raison de la chaleur. J’ai frappé au mur pour réclamer un verre d’eau (...), je ne voyais pas mes ravisseurs, j’étais dans une cellule, il y avait un petit trou à travers lequel on échangeait des paroles », a-t-il expliqué. « Ils m’ont confisqué mon portable, mon portefeuille et un sac où j’avais des médicaments que je prenais après une récente opération au poignet », a-t-il aussi indiqué. Et Karim Pakzad de souligner que « le Parti socialiste français condamne avec une grande fermeté cette affaire, cet enlèvement, cette détention arbitraire, qui, au-delà de ses conséquences politiques internationales, viole le droit international ». De son côté, Walid Joumblatt a condamné « au nom du PSP et du rassemblement du 14 Mars l’arrestation de notre camarade socialiste français ». « Je souhaite que toutes les séries noires que nous avons connues pendant la guerre civile ne se répètent pas maintenant. Thierry White et Thierry Anderson avaient été kidnappés et Michel Seurat a été enlevé et tué », a-t-il lancé. « Je ne sais pas si cet incident est un message adressé à l’Internationale socialiste dont le communiqué est très équilibré », a poursuivi le pôle de la majorité. « L’autorité de l’État est absente de certains endroits. Et seul l’État a le droit d’arrêter des personnes, de monopoliser le port d’armes et de décréter la guerre ou la paix », a-t-il martelé.

samedi 22 mars 2008

Martinon aurait-il des liens avec le Hezbollah et la Syrie ?

texte alternatifLe journal koweïtien Al Seyassah mène depuis plusieurs mois une campagne contre le Hezbollah et son allié le CPL du chrétien Michel Aoun qui a fait une scandaleuse union contre nature avec le Hezbollah et la Syrie.


Il accuse Michel Aoun, manipulé par le Hezbollah, de tisser ses réseaux en France grâce essentiellement à un maronite , Simon Albiramia, marié à une française liée à l'UMP, qui collabore avec Jean Aziz et Tony Nasrallah du site Tayyar.org et de la télévision d'Aoun, Orange-TV.


Avec quelques autres arrivistes, Ziyad Abess et Liwaa Chakour, financés largement par le Hezbollah et plus encore par l'Iran, ils ont pris en main le CPL d'Aoun vieillissant. Simon Abiramia et son épouse auraient eu selon Al Seyassah, plusieurs réunions avec des responsables du Hezbollah, dont Ghaleb Abou Zeinab, Mahmoud Kemati, et Nawwaf Al Moussaoui pour obtenir la réhabilitation du parti chiite en France et aux Etats-Unis, afin qu’il soit reconnu en tant que « mouvement de résistance », et non comme « organisation terroriste ». Selon le journal, « Abiramia fait miroiter au Hezbollah ses relations intimes avec l’Elysée et notamment avec le porte-parole du président Sarkozy, David Martinon, un ami de Fabienne Blineau Abiramia, son épouse ».


Al Seyassah écrit que « David Martinon, un ami de Simon Abiramia et de son épouse Fabienne Blineau Abiramia, responsable de la section libanaise de l’UMP, a été éjecté de son fauteuil de porte-parole de l’Elysée en raison de cette proximité, profitable au Hezbollah ». Martinon serait convaincu de « la justesse du combat du Hezbollah, au point que le désormais ancien porte-parole de l’Elysée a rapproché Simon Abiramia de Claude Guéant, secrétaire général de la présidence de la République française ».


Al Seyassah relate que « le remaniement gouvernemental qui doit intervenir après les élections municipales en France pourrait écarter certains responsables de l’Elysée, et des ministres qui ont exploité leurs fonctions pour s’ouvrir sur certains pays arabes de façon opposée à la politique étrangères de Paris ». Le quotidien cite le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, qui avait effectué plusieurs missions au Liban et en Syrie. "Le limogeage de Martinon vient sanctionner son ouverture sur le CPL et à travers lui sur le Hezbollah... en flagrante contradiction avec la ligne stratégique tracée par le Président Sarkozy et qui consiste à soutenir la Révolution du Cèdre dans sa revendication de la souveraineté et de l’indépendance du Liban ».


Sources:
Drzz & A7FR

jeudi 20 mars 2008

L'avenir du Liban ? 2 Liban !

Le Monde est venu rappeler hier que le parlement libanais n'était plus réuni en séance plénière depuis bientôt un an, et que 16 séances n'ont pas suffit à élire un Président dans ce petit pays qui est cher à beaucoup d'entre nous.

L'opinion commune serait dès lors fondée à voir le chaos s'y s'installer au travers d'un "sur place" qui s'éternise. Mais les apparences sont trompeuses, au moyen-orient plus que partout ailleurs. En fait une révolution des esprits s'est opéré dans cette année écoulée. Certes la déprime a pu s'installer chez certains, les plus jeunes notamment, mais ceux-qui sont restés dans ce pays sont desormais habités d'une conviction qui n'a guère eu de précédents. Et ce d'ailleurs dans les 2 camps. Cette conviction c'est celle que le "vivre-ensemble" est révolu.

vendredi 7 mars 2008

Y'a Pas Que Will dans la Vie

texte alternatif


Une des références du Web sur les questions libanaises, c'est évidemment WIL. Je tenais cependant à vous signaler un autre blog valant le détour.

lundi 18 février 2008

Entretien avec Yves Bonnet sur la Situation Politique Au Liban (Hoax)

A prendre avec des pincettes quant à l'authenticité...

texte alternatif

Via ILYS

M.A.J - 19h30... aux dernières nouvelles il s'agirait d'un faux, que nous avons préféré laisser pour vous montrer de quoi sont capables les fous de Dieu en matière de propagande.

mercredi 13 février 2008

Chaud comme la braise

Il risque d'y avoir beaucoup beaucoup de monde demain dans les rues de Beyrouth et vers la place des martyrs pour le 14 février. Les souverainistes ont annoncé de longue date leur intention d'occuper la rue en la mémoire d'Hariri et pour montrer qu'ils sont prêts à aller jusqu'au bout pour se choisir un président. Jusqu'au clash. En face on enterrera le terroriste Mugnieh, ancien responsable militaire du Jihad Islamique qui s'était rendu tristement célèbre dans les années 80, avant d'intégrer la direction du Hezb. Pas forcément une bonne idée qe les 2 foules se croisent mais le cordon policier et militaire sera vraisemblablement impressionant. La loyauté de l'Etat-major et de l'armée a été testée semble-t-il, et le général Sleimane est d'ailleurs le principal candidat à la présidence, au vu du discrédit total de Aoun chez les chrétiens. Faudrait plus qu'un mur pour qu'elles ne se rencontrent pas. Plutôt un miracle.

jeudi 31 janvier 2008

Rapport Winograd

Les conclusions du rapport de la commission Winograd sur la guerre du Liban de l'été 2006 sont assez claires et totalement sans appel pour Ehoud Olmert : précipitation dans la réponse à l'agression du hezb, absence de stratégie de sortie, objectifs mal définis. Bref, amateurisme. En attendant le prochain round qui devrait faire déchanter "Barbarellah" et ses ouailles. Wil les décortique sur son blog. (Pour ceux ne le fréquentent pas habituellement je précise pour qu'il n'y ait pas de malentendu qu'il est adepte du second degré, rapport à sa conclusion qui pourrait vous faire bondir)

lundi 28 janvier 2008

Liban : plus de marche arrière ?

Ce qui s'est passé hier est sans commune mesure avec les émeutes inter-estudiantines de janvier 2007. 7 personnes au moins, dont 4 militants du Hezb et 1 de Amal ont mordu la poussière. C'est sinistre, mais cela signifie au moins que les moutons se rebiffent à force de se faire tirer les uns après les autres. Un des as des services de sécurité (FSI), Wissam Eid, 31 ans, avait été assassiné la semaine passée. Il aurait fallu pas moins de 75 kilos d'explosifs. Alors quoi ? Les souverainistes sont censés dire "Amen" chaque fois qu'on descend un des leurs, ou un serviteur de l'Etat, tendre l'autre joue c'est çà ? Où doit-on plutôt se réjouir qu'ils rendent coup pour coup même si l'on sait que cela mènera à la guerre civile ? En tous cas les morts d'hier soir en appelleront d'autres.

samedi 24 novembre 2007

Heckle et Jeckle, oiseaux de malheur

Hassan Aoun et Michel Nasrallah, à moins que ce ne soit l'inverse...

Le pire n'a pas encore eu lieu au Liban et tant mieux. Voilà même le pays débarassé de l'homme de Damas, Emile Lahoud. Depuis hier minuit donc, le Liban n'a plus de Président. Mais il n'a pas encore d'avenir. Car la nature a horreur du vide, et ce, même si la Constitution, dans son article 62 est tout à fait explicite :

En cas de vacance de la présidence de la République pour quelque raison que ce soit, les pouvoirs du Président de la République sont exercés à titre intérimaire par le Conseil des ministres.

lundi 12 novembre 2007

"Tant qu'il y aura du Hezb"

Alors que la France perd un de ses casques bleus au Liban, Hassan Nasrallah balaie d'un revers de la manche l'initiative de la dernière chance, ou présumée telle. Un bel affront pour la diplomatie française, dont elle ne fait guère publicité. Le Président était en Afrique lui. L'agenda libanais n'est plus tout à fait elyséen depuis le départ de Chirac, et donc des Hariri avec lui.

Nasrallah traite les membres de la majorité de "bande de voleurs et de tueurs à la solde des Etats-Unis et des sionistes" et en appelle au Président Lahoud, afin qu'il prennne « une mesure de salut national en vue d’empêcher le pays de sombrer dans le vide », précisant que « tout président élu à la majorité simple (...) ne sera pas reconnu par l’opposition, qui le considérera comme un usurpateur et un imposteur ».

La semaine passée son idiot utile (et désormais idiot armé, car les milices s'équipent et s'entraînent), Michel Aoun, se disait prêt à un putsch, si un président devait être élu à la majorité simple. Rappel des faits : la majorité ne tient plus que par 3 voix, la plupart de ses députés vivent calfeutrés au Phénicia, ou à l'étranger pour les plus fortunés. La séance électorale est prévue pour le 21 novembre. Un président (maronite) doit en sortir. Le camp majoritaire "du 14 mars" argue que le président peut être élu au premier tour à la majorité des 2 tiers, et dès la majorité simple au second tour, ce que réfute l'opposition prosyrienne. Beyrouth vit des heures assez inquiètes d'après ce que j'en sais par mes amis là-bas, et ne va pas tarder à grouiller de rumeurs. Et surement bientôt aussi de cartouchières.

Le centre-ville sera le premier point chaud. Sûrement le siège du gouvernement et le batiment du parlement. Des troupes loyalistes devraient se masser pour les protéger, Forces de Sécurité Intérieures et Armée. Instantanément, ce seront de nombreuses sociétés basés à cet endroit de Beyrouth qui risquent de se vider. Et l'économie de ce pays de suspendre son vol. Après tout peut s'embraser très vite. Il a suffit d'un bus mitraillé lors de la première guerre.

Je suis pourtant relativement optimiste pour plusieurs points. D'abord il ne semblerait pas que la Syrie, Israël ou les Etats-Unis veuillent s'entrendre sur le dos du Liban comme lors de la première guerre du Golfe. Ensuite, il semblerait, mais j'emploie des pincettes que la majorité veuille faire corps derrière l'armée en cas d'affrontement, laissant aux prosyriens les initiatives factieuses armées. Bien sur, ils ont encore le président, toujours prêt pour une dernière forfanterie, mais celui-ci ne peut plus résister devant l'épreuve de la légalité. L'alliance de la majorité est très solide avec les Druzes, la grande majorité des sunnites et celle des chrétiens. Ils ont pour eux un conception de la coexistence, ancrée dans un ordre constitutionnel garantissant un Etat de Droit, et une vision de la souveraineté. Et maintenant que l'Irak et la Syrie sont sous zone d'influence iranienne, plus aucun pays occidental dominant ne voudra céder un pouce de terrain aux mollahs. Le Hezb a également un gros handicap : 15 000 soldats onusiens dans son dos, dont des français.

Le mois de novembre marquera probablement indélébilement l'avenir du Liban comme pays souverain. Et pourrait bien dresser aussi quelques jalons supplémentaires dans la crise irano-américaine.

lundi 24 septembre 2007

Y'aller sportif

Pour dire les choses assez clairement, les libanais n'auront plus de raisons de ne pas se faire la guerre, s'ils ne se trouvent pas un Président avant le 24 novembre. Les premières négociations commencent le 25 septembre. Un Président est bien peu au Liban, parfois juste un autre martyr, mais c'est au moins pour quelques instants une forme d'espoir. Nabih Berry, le président de la chambre, comptera le quorum sans trop se presser. Aoun fera toujours le beau, et Nasrallah attendra patiemment qu'on lui baise les pieds. "Nous allons nous rendre place de l’Étoile avec un esprit positif " affirme pourtant Saad Hariri. Mais personne en vue pour dissiper la brume de guerre. Surtout chez les 40 députés barricadés dans une annexe de l'hôtel Phénicia depuis 48 heures. Doivent pas se la jouer à cette heure ci... alors on croisera pieusement les doigts une dernière fois et sans trop d'illusions. Au moins Emile Lahoud ne sera plus Président dans 2 mois.

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