A quelques pas du Panthéon, non loin du Boulevard Saint Germain. Nous sommes donc à Paris. Le ciel est vaguement gris. Un gris annonciateur, prophétique. Un ciel qui correspond à une époque sans doute. Et puis le Pape s'est mis à prier. Il était à Ground Zéro, mais pas à Paris. A Paris tout est gris. Mais il me semble l'avoir déjà dit. Je me répète beaucoup ce matin. Ma pensée est cohérente mais mon écriture paraît patir d'une anxiété qui n'a eu pour cesse de me hanter depuis 5h43 ce matin...Paris time...Et si, elle n'avait pas tout compris. Et si le gris de nos propos couchés sur son petit carnet se retrouvait propulsé chez nos amis de Rue89 ou pire, chez Morandini? Et si cette demoiselle était la fille cachée de Pinochet, Blueberry aurai-t-il tenu le même discours? Et si l'anomie dont il parlait avait fini par la distraire au lieu de la perturber? Et si au fin fond de son carnet, s'était embusquée une multitude de données, de définitions, de paroles relevées à la louche, de contradictions inhérentes à notre nature, de manière à empêcher toute tentative de synthèse et d'analyse? Et si Peggy était la future Elisabeth Levy, aurions nous droit à une tribune chez Causeur ou à une photo de Blue à poils dans Closer?
Pendant ce temps, le recueillement a envahi Ground Zero. New York Time. Les deux tours se disloquent de nouveau. Personne ne le voit...Back to Paris. Nous sommes les premiers à arriver. Proton nous demande qui nous sommes. Puis c'est au tour de Blueberry de faire irruption. La conversation s'engage naturellement. Je suis ravi de voir que Tibéry n'a pas bouclé le quartier comme Cohen Solal le lui avait conseillé. Ce brave homme est avec nous. Il y aussi Thibaud qui est sans doute le plus jeune d'entre nous. Les anciens du CGB sont là eux aussi; tout comme cet homme. Les acteurs se mettent en place. La pluie ne menace pas encore, mais le ciel me semble de plus en plus gris...
A New York, le temps est suspendu. Les prières accompagnent les pleurs comme un vol d'hirondelles au milieu du désert. Le chef de l'Eglise catholique est venu voir le Diable en personne. Nul ne peut décrypter ce dialogue qui s'installe. Les ombres de la mort planent au dessus de la foule en ce lieu rassemblée. Le fracas des explosions ne s'est jamais arrêté...Il pleut encore des corps sur Manhattan. Nous sommes à New York alors qu'à Paris, le ciel demeure tout gris...Certains n'ont décidemment rien compris...
A Paris, sous un ciel gris, des lycéens sont rassemblés non loin de nous. Point alors l'heure du choix. Aller à leur rencontre ou bien rester sagement en terrasse pour noyer nos convictions et brouiller les pistes! En effet. Qui est cette jeune femme qui, de mon retour des toilettes (cela a son importance!) se retrouve au beau milieu d'un cercle au sein duquel s'étaient greffés de nouveaux visages plus ou moins familiers?
Cette soiree, alcoolisee comme il se doit, fut assez concluante je pense. Nous passons desormais le relais a ILYS afin que Blue et ses sbires puissent organiser la prochaine session.