Il est tout de même assez désopilant d'associer le travail à une fête. J'en sais quelque chose puisqu'aujourd'hui, jour chômé dans notre brave patrie des droits de l'asticot et du bourricot, je suis dans mon boudoir!


Malgré les tâches qui sont miennes aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de penser à nos gueules noires, à nos chers métallos, à nos postiers méritants qui n'ont toujours pas prospéré dans l'immense défi que je leur avais soumis et qui consistait à acheminer en moins d'une semaine, une simple carte postale de l'aéroport Charles De Gaulle au sixième arrondissement de Paris. Je n'oublie pas nos enseignants brillants, nos magistrats sourcilleux, nos professionnels de la communication, nos ouvriers des usines Renault pour lesquels le suicide est devenu un véritable modus operandi dans l'art de la rébellion. L'on ne peut également oublier nos chers sans-papiers immigrés hyper qualifiés sans lesquels l'on ne pourrait plus trouver un seul brin de muguet sur les trottoirs des quartiers respectables de notre chère capitale. Recueillons-nous un instant devant cet énorme gachis, tous ces licenciements, tous ces congédiés du travail gisant sur le pavé comme de vulgaires limons à l'élégance suspecte! Prions pour celles et ceux qui comme Bruno Julliard ou comme Clémentine Autain n'ont jamais réellement gouté aux joies du labeur et qui s'évertuent, grâce à l'argent du contribuable probe et courageux, d'endoctriner les masses à coup de slogans aussi puérils que naïfs. Contemplons benoitement, mais sans perdre de vue leur réalité morbide, l'immense talent de quelques trous du cul de Libération qui pensent être les seuls à pouvoir anoner publiquement ces vérités qui ne veulent rien dire et qui, en ce jour de fête, ont leur festivometre qui crève le plafond!


Saviez-vous que des salariés sans-papiers en grève doivent participer à la manifestation parisienne du 1er mai jeudi? Leur mouvement est à rappocher de la régularisation de trois sans-papiers qui travaillent au café de la Jatte à Neuilly-sur-Seine! C'est ce que mon ami Lemmuret m'a malicieusement glissé hier à l'heure de l'après-déjeuner en terrasse du Trocadéro en désignant discrètement le personnel de l'établissement...Les patrons sont-ils tous devenus collabos ou sont-ils contraints et forcés d'avoir recours une main d'oeuvre asservie qui leur coutera moins chère qu'un petit Français ordinaire? Toujours est-il qu'à Neuilly, tout comme ailleurs, on veut de l'argent, mais aussi et surtout, c'est une nouveauté, on veut des beurs! Ce qui, vous en conviendrez certainement, n'est pas fait pour plaire à la crémière du coin. Cette bérrichone aux protubérances affirmées est-elle en danger? Son petit commerce de proxmité risque-t-il de sombrer dans les profondeurs de la crise perpétuelle? Doit-elle travailler en ce jour béni des cons et se rendre dans une coopérative tenue par quelques communistes afin d'y acheter quelques brins de muguet qui, elle l'espère, agrémenteront son petit moi de mai et qui lui permettront, peut-être, de profiter des soldes chez Conforama! Je me demande bien si les Gays immigrés sans-papiers vont rejoindre cette manifestation qui, les professionnels de l'information nous le rappellent tous les ans, n'est pas UNITAIRE, mais qui, c'est une simple coïncidence ou un divin hasard, rassemble de l'Opéra en passant par Nation et République, une cohorte de petits dictateurs ayant fait du totalitarisme le socle d'une idéologie commune, clamant haut et fort leur attachement à ce beau régime qu'est la démocratie et son corollaire le plus élémentaire: les droits acquis!


Alors, chers amis, en ce jour où la fête bât son plein, je suis là, quelque part dans Paris. Mes mains virevoltent sur mon clavier après que ma tête, plus tôt dans la journée, à la sortie d'un cauchemar indescriptible et inénarrable, ait été projetée contre le parquet de ma chambre à coucher. J'ai décidé de travailler...