texte alternatif

Je suis surpris de constater que la plupart de nos chers blogs "réactionnaires" demeure obstinément calfeutrée dans un silence pour le moins équivoque à quelques heures de l'inéluctable indépendance de la province serbe du Kosovo. Nous ne passerons pas en revue les intérêts de telle ou telle partie. Non. Ce qui me choque dans cette grande mascarade onusienne, c'est la propension sado-masochiste dont font montre les Européens pour faire imploser l'Europe sans tarder. Nul ne sait encore si les balles traçantes vont se mettre à siffler près des oreilles des forces de la Mission des Nations unies au Kosovo dispatchées dans la province serbe. Nul ne sait quelle sera l'avenir de cette région toute entière, qui, malgré un léger feu de paille au début des années 90, risque de devenir, sous les auspices du monde occidental réuni pour l'occasion, une seconde palestine en plein coeur de l'Europe cette fois.


D'aucuns estiment, souvent à juste titre, que la Serbie paye les pots cassés. Les massacres et les exactions en tout genre auxquels se sont livrés de manière barbare les troupes de Milosevic il y à quelques années sont un prétexte non fondé pour dépecer la Serbie de son centre historique. C'est un peu comme si la France, pour avoir fourni un nombre significatif de collabos en 39 eut été sanctionné par l'ONU qui aurait exigé qu'on rende indépendants les régions de la Zone Libre! J'exagère à peine!


L'administration américaine commet une grave erreur dans cette partie diplomatique multicéphale. En premier lieu, tout porte à croire que le syndrome de la guerre de froide n'est toujours pas éradiqué et que l'ogre russe, dans sa posture de fournisseur énergétique dirigiste et quasi-totalitaire fait encore peur à l'oncle Sam. Poutine n'a pour cesse de le réaffirmer, la Russie ne reconnaitra jamais le Kosovo en tant qu'Etat indépendant, alors que les Etats-Unis seront, sans aucun doute avec la plupart de leurs alliés, les premiers à reconnaitre le nouveau statut de la province. L'Europe lui emboitera le pas, célébrant à grand coups de beaux discours sirrupeux droit de l'hommistes les merveilleuses vertus du peuple albanais enfin libéré du joug de la grande Serbie, qui, de ce fait, pour continuer à exister n'aura plus d'autre choix que de rentrer dans le rang et de demander l'adhésion à l'UE. Le précepte selon lequel il faut diviser pour mieux régner trouve une parfaite application dans le cadre de ce délicat rapport de force. Il aurait sans doute été possible de préserver une Yougoslavie unie, meme si celle-ci fut une création soviétique de toute pièce et de l'intégrer telle quelle à l'Union. Les bottes et les fusils se sont opposés à cette possibilité. Désormais, sous les charniers creusés par l'armée serbe, se dresse les fondations d'une nouvelle Europe, encore plus "démocratique", encore plus disposée à écouter les voix des peuples opprimés, encore plus déterminée à faire de ce concept un vide dénué de tout sens. L'indépendance du Kosovo marque sans aucun doute le début de la fin du rêve européen.


A lire également, l'excellent post du Conservateur ou celui de d'Ethnocide sur le meme sujet.