Le journaliste du Parisien, Dominique de Monvalon, lui demandant si, la veille de quitter son portefeuille ministériel, il nourirssait un regret vis vis de son action l'Intérieur, Sarkozy montre du doigt l'échec du referendum sur la question corse, n'hésitant pas qualifier de "mafieux" certains nationalistes corses.

Visage grave, traits tendus par la fatigue et le décalage horraire, le candidat de l'UMP, déclare que "la foie fait changer la vie".

Sur la garde vue de la directrice de la maternelle, il met en avant l'indépendance de la décision de justice et rappelle Bayrou, grand laudateur de l'indépendance de la Justice, qu'il "aurait mieux fait de se taire".

Sur l'Europe:Sarkozy affirme qu'il "ne veut pas de l'Europe qu'on nous propose", tape sur la tronche du Commissaire Européen en charge de négocier l'OMC, il veut une Europe qui mette en oeuvre la "Préférence Communautaire" et réaffirme son opposition l'entrée de la Turquie. Sur la question du traité de l'Union Européenne, Sarkozy persiste et signe en soulignant la nécessité de relancer la réforme institutionnelle par la rédaction d'un nouveau traité qui devra etre ratifié par la voie parlementaire.

Sur l'identité nationale:"J'ai posé la question de l'identité nationale. Pourquoi? C'est très simple: la France n'est pas une ethnie. Ce n'est pas une race (...). La Chine, en revanche, c'est une race. (...) Je n'ai pas l'intention de laisser l'extreme droite le monopole de la nation.. Sarkozy demande aux socialistes "d'arreter avec la repentence". Sur le système colonial, il affirme "le coté injuste" d'un système mais ne remet pas en cause certaines avancées de ce système en faisant référence l'oeuvre d'Albert Camus.

"Je lie les deux thèmes, ceux de l'immigration et de l'identité nationale (...) Le regroupement familial est un droit avec des conditions: un logement, un revenu de son activité, pas des allocations sociales et une connaissance de la langue française"

"nous sommes dans le tort de vivre dans une société qui a appris détester et qui n'a pas appris aimer. Quand la nation est faible, c'est le communautarisme qui triomphe (...) Quand la Nation s'affaiblit, chacun retourne dans sa tribu, dans son état grégaire (...)

Sur l'Irak: Sarkozy estime qu'il aurait sans doute utiliser le droit de véto de la France lors du débat au Conseil de Sécurité en 2003 et ne se dégage pas de la diplomatie de Chirac. Il conteste le choix des Etats-Unis de ne pas avoir ratifié le protocole de Kioto et de ne pas s'engager plus clairement dans la préservation de la planète.

Sur le volet iranien: "on ne peut pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire. Je crois l'efficacité des sanctions et l'unité de la communauté internationale, avec la Russie et la Chine" (...)

Sur le Darfour: "Un gouvernement comme le gouvernement soudanais doit etre sanctionné par la Communauté Internationale (...) Ce qui se passe au Darfour est une tache sur l'humanité toute entière. (...). On met dit parfois que c'est la diplomatie du verbe...Mais le verbe ça compte."

Sur la question de la VIe République: "ils veulent un retour la IVe Républiques (...) Je veux une République irréprochable et les nominations ne doivent résulter que de la compétence et non pas de la conivence. (...) Les pouvoirs du Parlement doivent etre augmentés. (...) Je veux un Président qui fasse des conférences de presses. Il faut passer d'une monarchie républicaine une république tout court.

Sur l'écologie: "Je serai très fidèle ma parole donnée Nicolas Hulot"

Sur les réformes qu'il prendra dans les premières semaines de son mandat s'il est élu:"Je veux supprimer les droits de succession pour 90% des français (...) Quant aux partenaires sociaux, nous avons beaucoup de choses débattre: la question du contrat unique (...), la question du service minimum que je ferai voter (...) La France a besoin que sa démocratie sociale fonctionne mieux."

Sur les autres candidats:"François Bayrou et Madame Royal sont compétents. Ils ne sont pas arrivés l par hasard. Je ne crois pas avoir prononcé un mot blessant l'égard d'un seul de mes contradicteurs."

Sur l'obligation faite par Ségolene Royal a chaque foyer français d'avoir un drapeau tricolore la maison, Nicolas Sarkozy lui oppose "la liberté qu'a chaque français" d'afficher son patriotisme.

Sarkozy conclut l'émission en répondant aux trois journalistes présents qu'il a "conscience de la gravité de la fonction".