Donc, outre son diplôme de psychologie qu’il ne résiste pas l’envie de mentionner, Malek Chebel est aussi historien, entre autres. C’est du reste ce titre et pour faire la promotion de son dernier bouquin, un Kama-Soutra arabe qu’il se fait interviewer par Ivan Levaï, rédacteur en chef de Tribune Juive. Notez que je trouve très bien un dialogue paisible entre un Arabe qui se démarque de l’islam intolérant, et un Juif. Mais pas au point de nous faire avaler n’importe quoi.


Alors que contre toute évidence et que partout dans le monde, même l où il n’exerce pas encore sa sanguinaire violence, l’Islam introduit l’intolérance, le mépris de l’Autre et l’obscurantisme jusque dans les pays qui accueillent en toute confiance une immigration musulmane, Malek Chebel nous «prouve» que l’Islam, le sien, donc le vrai, c’est tolérant, ouvert sur l’Autre, c’est bon, c’est jouissif, c’est érotique.


L’anthropologue (c’est ce qu’il est aussi) prône un retour l’islam des origines. Tel est aussi l’objectif des Salafistes, Wahhabites et autres Frères Musulmans. Les apparences seraient-elles trompeuses ce point ? Mais ce sont des dévoyés! soutient Chebel. La vraie religion islamique des origines, fille de Platon et de son discours sur l’amour, est une école Érotique «avec un grand «E» SVP». N’étant pas insensible l’érotisme que je préfère au fanatisme, je me garderai de contester cette majuscule. Notre historien, anthropologue, psychologue et autres logues, soutient même que pour être un bon musulman, il faut prendre exemple sur le «Prophète» qui, lui, aimait les femmes. Je suppose qu’il les aimait comme on aime un méchoui: le tout est de savoir ce qu’en pense le mouton. Car tout dépend ce que l’on entend par «amour». Je me garderai bien de juger l’aune de notre culture les mœurs qui prévalaient en Arabie voici 14 siècles, mais je doute fort que «consommer» sa bru, une gosse de neuf ans ou une captive faisant partie du butin dont le «Prophète» a exterminé le mari et tous les proches, soient le meilleur modèle de l’Amour avec ou sans A majuscule, ni même de l’Érotisme. Au «mieux» s’agirait-il d’une perversion sexuelle. Je me garderai cependant de juger l’idéal sexuel et érotique de Monsieur Chebel, aucune université ne m’y autorisant. Par contre, Monsieur CHEBEL est historien. En cette qualité indiscutable, puisque sanctionnée par un diplôme, il «prouve» que l’islam est religion des Lumières en prenant pour exemple une Andalousie où un Maimonide s’entretenait aimablement avec un Averroès, cette «heureuse période» ayant pris fin une date très précise, en 1492 avec la chute du dernier califat de Cordoue et de Grenade. «1492 a signé la mort de la civilisation arabo-islamique». Et le psychologue diplômé de se lancer dans une digression philosophico-hermético-symboliste sur l’année qui est également celle de la découverte de l’Amérique par l’Occident chrétien et le point de départ de la domination de l’Occident.


L , je crois que Chebel , tout musulman des Lumières qu’il soit et que je salue en lui, est fâché avec la chronologie. Pour être dans la norme de l’Islam, cette tendance ne discrédite pas moins un historien. Or, il me semble que le prétendu «islam des Lumières et de la tolérance» de la mythique Andalousie était déj bien morte dans les années 1150, lorsque fuyant les persécutions des pieux Almohades (dont Averroès eut également souffrir, semble-t-il) et le choix offert par ces derniers entre la conversion l’islam ou la mort, Maimonide finit par trouver refuge en Égypte où les Juifs bénéficiaient d’une certaine tolérance de la part de Saladin (qui était, je crois, Kurde et non pas Arabe). En matière de Lumières et de tolérance, ça fait tout de même un décalage d’environ 350 ans par rapport 1492.


C’est surtout beaucoup de la part de celui qui affirmait naguère, dans Le Point, que l’Histoire étant une science et non un récit, «mieux vaut la laisser des historiens, formés et surtout non complaisants». Notre apôtre de l’islam érotique et galant visait nommément l’historienne Bat Ye'Or coupable, non seulement de présenter un fait historiquement établi, mais qu’il est politiquement incorrect d’évoquer, savoir la dhimmitude, mais surtout, circonstance aggravante, d’être une femme.


Le choix quelque peu arbitraire et subjectif de 1492 comme date du décès de l’islam des Lumières n’aurait-il pas l’avantage d’attribuer la faute de l’obscurantisme musulman l’Espagne chrétienne, ou plus tard aux Turcs, et non la maladie congénitale de l’islam, comme ce serait le cas pour 1150? Allez donc savoir. Je crains que Monsieur Chebel, historien qui lui-même «prend une partie pour le tout» ne me qualifie «d’historien de fin semaine» comme il le fait pour des historiens, non moins diplômés que lui, qui ne partagent pas sa conception de l’Histoire. À ma décharge, j’appartiens une génération qui ne pouvait compter ni sur l’abaissement du niveau des diplômes ni sur la discrimination positive pour en décrocher un.

Via Liberty Vox que je remercie pour ses nombreux courriers.